What Climate Change Means for the Middle East and North Africa

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Al-Ahram Hebdo, Doha, Qatar

During COP18, held in Doha, Qatar, the World Bank launched an alarming report on Climate Change impact in the Middle East and North Africa Regions. The first region is suffering from drought, the second from poverty and both will receive the most negative impact of Climate Change. “Raising temperature and drought will have a catastrophic impact on agriculture and tourism”, said Rachel Kyte, World Bank, vice president. A sea level rise of 0.5 meter will put 30% of the city of Alexandria in Egypt under the Mediterranean. The report says that precipitation will decrease by 10% by 2050 while water demand will increase by 60%.

At the same time, the United Nations Development program launched their new Arab Water report 2013, titled: Towards Water Security in the Arab Region: Issues of Good Governance and Cost Effectiveness.

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Cop18: La mise en garde de la Banque mondiale

En marge de la COP18, la Banque mondiale a publié un rapport alarmant sur les changements climatiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). 

Le monde arabe, la région la plus sèche de la planète, et l’Afrique, le continent le plus pauvre, souffrent depuis quelques années des changements climatiques et continueront à souffrir. C’est le constat dressé par le rapport de la Banque Mondiale (BM) publié à Doha en marge de la conférence de l’Onu sur le climat. « Les pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord seront particulièrement affectés par le réchauffement climatique, la hausse de température et la sécheresse accrue ayant des répercussions dévastatrices, de l’agriculture au tourisme », a souligné la semaine dernière Rachel Kyte, vice-présidente à la Banque mondiale en charge du développement durable. Selon le rapport de la BM, si la tendance actuelle se poursuit, les températures moyennes dans les pays arabes devraient augmenter de 3°C d’ici 2050, la température nocturne augmentant de 6°C. « Le climat des pays arabes va connaître des températures sans précédent », avertit le rapport. Une hausse de seulement 0,5 mètre du niveau de la Méditerranée inonderait 30 % de la ville d’Alexandrie en Egypte, déplaçant ainsi une population de plus d’un million et demi de citoyens. Les pluies dans la région qui dispose des plus basses quantités au monde d’eau douce devraient être de plus en plus aléatoires et les crues éclair plus fréquentes. L’eau issue des précipitations devrait diminuer de 10 % d’ici 2050, alors que la demande en eau devrait croître de 60 % au cours de cette période.

« Le Yémen souffre déjà du manque d’eau, c’est pourquoi on a mis en place une stratégie nationale qui garantit un partage équitable des ressources », a indiqué Abdou Razzaz Saleh Khaled, ministre de l’Eau et de l’Environnement au Yémen. Il ajoute que le Yémen, qui était un pays pluvial dans le temps, a commencé à recourir au dessalement. Outre la rareté de l’eau, les agriculteurs seront confrontés à de nouveaux insectes ravageurs et à une baisse de la fertilité du sol. C’est assez alarmant, car près de la moitié de la population dans le monde arabe vit dans les zones rurales, et 40 % des emplois sont liés à l’agriculture. Le tourisme, qui rapporte environ 50 milliards de dollars aux pays arabes aujourd’hui, devrait également souffrir lorsque les touristes préféreront des climats plus modérés. Ce secteur représente près de 3 % du PIB des pays arabes et emploie 6 % de la population active. « Les chutes de neige au Liban (qui abrite des stations de ski), les récifs coralliens de la mer Rouge et plusieurs monuments historiques dans la région sont menacés par les changements climatiques », affirme Junaid Kamal Ahmed, directeur du secteur urbain et de l’eau pour la région Afrique, au sein de la BM. La hausse des températures devrait également poser des problèmes de santé, des maladies comme le paludisme atteignant de nouvelles régions. La BM appelle à une action urgente pour s’assurer que les plans d’adaptation aux changements climatiques sont intégrés dans les politiques nationales.

Les gouvernements doivent recueillir des données sur le climat, promouvoir une gestion plus efficace des terres agricoles, financer la recherche sur les cultures résistantes à la sécheresse et investir dans les usines de traitement des eaux usées, précise le rapport.

En fait, le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) a voulu lui aussi profiter de sa présence à la COP18 pour mettre en lumière son nouveau rapport sur l’eau dans la région arabe 2013, intitulé : « Vers une sécurité en eau dans le monde arabe : bonne gouvernance et effectivité du coût ». Selon Ghaith Fariz, directeur coordinateur du rapport sur l’eau dans la région arabe, le document montre la relation dynamique entre l’eau, les changements climatiques et le développement. « En effet, il y a 3 facteurs qui exercent des pressions sur l’eau dans la région arabe : la croissance démographique, l’urbanisation rapide et le développement économique », explique M. Fariz. Et d’ajouter que le rapport qui contient beaucoup de graphiques et de statistiques a pour objectif de mettre en place la méthodologie d’identifier les moyens les plus réussis pour une gouvernancee effective de l’eau dans la région .