COP 22: la COP de l’Afrique, COP de l’Action ?

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Kyondo Radio Télévision, Marrakech

African issues were widely discussed at the COP, especially during Africa Day where topics such as women, youth, electricity were discussed by the very involved civil society.

La COP 22 tenue à Marrakech s’est achevée vendredi 18 novembre sur une note d’espoir pour l’ONU et de nombreux Etats et organisations. Mais pour l’Afrique et le Maroc, pays hôte de la conférence sur le climat, c’était aussi une question de fierté.

Vendredi, c’est un Salaheddine Mezouar, ministre marocain et président de la COP 22 qui non sans fierté répond à un journaliste qui cache à peine ironie, lui demandant si une décision digne d’être ventée est sortie de cette COP.

Le ministre énumère la déclaration de Marrakech qui confirme la volonté des Etats de poursuivre dans le sens de l’Accord de Paris issu de la COP 21, des mesures de soutien de plusieurs milliards et des millions de dollars pour les technologies propres, le renforcement des capacités pour rendre compte des plans d'action sur le climat. Des « annonces réelles et concrètes de financement de nombreux projets », précise-t-il.

L’Afrique au cœur des discussions à la COP22

A Marrakech, on a assisté à « l’engagement des forces pour maintenir l’action » estime la ministre marocaine déléguée à l’environnement Hakima El Haïté pour qui, la Proclamation de Marrakech constitue la « première fois qu’un partenariat global de l’action des parties rallie aussi bien les parties non-étatiques aux Etats aux parties des négociations dans lesquelles on a vu des questions concrètes. »Le logo de la COP22 au Pavillon Afrique, Marrakech

Les questions africaines ont été largement abordées, avec une importante implication de la société civile et une journée de l’Afrique consacrée à des nombreux thèmes : femmes, jeunesse, électricité, etc. Le président de la COP22 « a réussi à placer l’Afrique au cœur des discussions », explique un des participants  à la conférence de presse du 18 novembre sur la proclamation de Marrakech. Autant de fleurs qui reviennent au Maroc et qui font rayonner l’Afrique.

« Nous avons dû préparer ce site dans un temps extrêmement court et avec des délais qui n’étaient pas extensibles. Il faut se réjouir que cet événement se soit passé dans les meilleures conditions », a déclaré Abdelâdim Lhafi, Commissaire de la COP22.

Le vice-président du groupe Bureau Veritas encense lui aussi le Maroc, en lui décernant un brevet de conformité à la norme ISO20121, une norme qui fixe les conditions d’organisation d’un évènement international. « L’organisation d’une conférence aussi cruciale dans ces conditions est un challenge que le Maroc a su relever. La COP22 a été évaluée en plusieurs étapes comme tout à fait conforme aux exigences », a-t-il déclaré.

Plus d’attention sur les énergies et les forêts

Mais si l’agriculture semble n’avoir pas réussi à s’imposer dans les discussions, « malgré les efforts inlassables du présent de la COP 22 » confrontés à une forte résistance, explique un homme, les énergies et les forêts ont été largement discutées pour l’Afrique.

Le 16 novembre à Marrakech, le Canada, le Danemark, l’Union Européenne, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, la Suisse et les États-Unis ont annoncé une promesse de financement de 23 millions de dollars pour le renforcement du Centre et Réseau des Technologies Climatiques (CTCN en anglais).

Un jour plus tôt, la même institution annonçait un nouveau plan de 1.5 milliard de dollars par an d’ici à 2020 pour appuyer l’action climatique aux pays d’Afrique du Nord et Moyen-Orient. La région en proie à une forte sécheresse a vu le Maroc perdre 1,5% de son produit intérieur brut en 2015, à cause de mauvaise production du blé.

C’est sans compter le projet d’énergie verte qui a mobilisé au cours de la COP 22, 20 millions de dollars lui permettant enfin de démarrer, les principaux bailleurs étant la Banque africaine de développement (12 milliards de dollars), la France (6 milliards) et l’Allemagne (2 milliards). D’ici à 2020, Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (AIER) espère produire 10 GW d’électricité, 30 GW en 2030 pour un Continent où près de 600 millions de personnes ne sont mas alimentées en énergie.

On compte aussi des projets régionaux comme : la protection des forêts du bassin du Congo, la sécheresse qui frappe le bassin du Tchad ou encore, la construction de la muraille verte destinée à stopper l’avancée du désert (projet qui peine à trouver de financement, toutefois.

L’Afrique clôture la COP22 avec le sentiment d’avoir relevé un défi : celui de l’organisation de la COP. Mais là, peu de pays pouvaient en douter. Le défi majeur demeure celui de pouvoir mobiliser l’argent promis pour des projets qui, en majorité, dépendent de l’étranger, ce qui ne rassure pas au sein de la société civile.