Haiti Seeking to be Heard in Paris

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As a small and vulnerable Caribbean island, Haiti is one of the most affected by climate change related disasters. As one of the countries present here in Paris for the UN Climate Change Talks, it has called for industrialized countries to increase funding to tackle climate change. Meantime, an official from the Ministry of Environment has said that Haiti does not yet have the necessary mechanisms to absorb and manage finances demanded under its national climate plan commonly known as INDCs in UN language.

Les ministres de l’Energie ou de l’environnement des 195 pays représentés à la COP21 ont débuté, ce lundi 7 décembre 2015, au Bourget, leur travail de finalisation du texte de l’accord visant à limiter le réchauffement climatique à 2oC. Prenant ainsi le relais des délégations nationales qui ont transmis samedi à Laurent Fabius, président de la COP21, un premier texte de l’accord. 
En arpentant ce lundi matin l’ensemble des 5 halls d'expositions dont disposent Le Bourget, situé à moins de 10 km de Paris, aucune trace de la présence d’Haïti n’est remarquée parmi les innombrables pavillons des délégations des pays participants à la conférence sur le changement climatique. Pourtant, la délégation haïtienne, conduite par le ministre de l’environnement, Dominique Pierre, avec ou sans kiosque, tente, tant bien que mal, de faire bonne contenance.
Dans son allocution, le ministre haïtien de l'environnement, Dominique Pierre, en début d’après-midi, a plaidé pour du financement ciblant les Parties les plus vulnérables, en l’occurrence, le Fonds Vert pour le Climat qui, selon lui, devrait privilégier de  nouvelles façons de faire, pour aider les PMA et les Petits Etats Insulaires en Développement à renforcer leur résilience aux changements climatiques. 
Jean Fanfan Jourdain, responsable de la direction du changement climatique au ministère de l’environnement, rencontré un peu plus tard au pavillon de l’Union européenne, a révélé qu’Haïti n’est pas en mesure d’absorber ni de gérer ce financement. L’étape préparatoire à l’accès au fonds vert, une étape cruciale, dit-il, n’est pas encore franchie.
« Cela requiert des mises en place institutionnelles obligatoires […] Nous devons prendre toutes les dispositions nécessaires le plus vite que possible pour que nous puissions bénéficier de ce fonds », a déclaré Jean Fanfan Jourdain qui préconise l’implication de tous, une représentation permanente dans toutes les instances internationales et surtout l’organisation des institutions nationales. 
« Seul le PNUD a déjà trouvé son accréditation pour avoir accès au fonds vert pour le climat », a fait savoir le cadre du ministère de l’environnement.
Pour rappel, l’Etat haïtien est en train de négocier un financement global de plus de 25 milliards USD, représentant l’ensemble des engagements pris dans sa Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN), et qui est réparti respectivement en mesures d’atténuation et d’adaptation. Une broutille pour Fanfan qui compare ces 25 milliards par rapport à la totalité des fonds qui doivent être qui mobilisés dans les prochaines années.
« Les pertes et dommages doivent être une préoccupation incontournable dans le prochain accord », a déclaré le ministre Pierre. Et, justement, la délégation haïtienne, selon ce qu’a rapporté Jean Fanfan Jourdain, en compagnie de la Dominique, est en train de travailler sur cette thématique. « Une thématique qui nous tient à cœur », indique-t-il.
Parmi  les  10  pays  les  plus  exposés aux risques hydro-climatiques, Haïti  se place au sixième rang,  et présente la  plus  haute  côte  de  vulnérabilité  aux cyclones  parmi  les  Petits  États Insulaires  en  Développement. « Des études ont démontré  que l’agriculture  est, chez nous,  le secteur le  plus  vulnérable  aux changements climatiques  en  raison  de  sa  grande  dépendance  au   climat », a souligné le ministre haïtien de l’environnement par-devant ses pairs.
Or, dans le cadre des consultations menées auprès de la société civile pour l’élaboration de la CPDN, le secteur paysan n’a pas été consulté. « Nous n’avons pas eu assez de temps », admet à contrecœur Fanfan qui soutient néanmoins que le document peut être actualisé en temps voulu. 
En termes de stratégie de négociation adoptée durant la COP21, Haïti est solidaire de la position de l’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) – qui veut contenir la hausse moyenne de la température globale à 1,5°C par rapport au niveau préindustriel – et s’aligne sur la position du Groupe G77 et la Chine ainsi que sur celle des Pays moins avancés (PMA).
Le Groupe des 77 (G-77), créée en juin 1964, regroupe les pays en développement signataires de la «Déclaration conjointe des 77 pays en développement » publiée à la fin de la première session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Genève. Bien que les membres du G-77 aient augmenté de 134 pays, le nom original est retenu en raison de son importance historique.
L’AOSIS est une coalition de 44 petits États insulaires les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Le Groupe  des pays les moins avancés (PMA) est constitué de 48 Etats qui sont particulièrement vulnérables au changement climatique alors qu’ils contribuent très à la concentration des Gaz à effet de serre.