Dégradation climatique et pauvreté des extrêmes

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Kyondo Radio Television, Lubumbashi, RDC

Extreme temperatures on Earth are causing poverty for millions, alert the World Meteorological Organization and the World Bank.

 

Deux alertes particulièrement importantes ont été lancées simultanément, révélatrices des situations extrêmes, le 14 novembre. Les alertes de l’Organisation mondiale de météorologie (OMM) et de la Banque mondiale (BM) ont en commun une terre surchauffée et source de pauvreté.

Cela fait seulement un peu plus de 10 mois que 2015 a été proclamé « l’année la plus chaude de l’histoire moderne. »  Selon l’agence météorologique américaine National Oceanic and Atmospheric Administration, NOAA, les températures ont excédé de 0,9 °C la moyenne du XXe siècle et surpassé de 0,16 °C le précédent pic atteint en 2014. Pour la NASA (National Aeronautics and Space Administration), en revanche, la hausse a atteint 0,87 °C par rapport à la moyenne de la période 1951-1980, soit 0,13 °C au-dessus du niveau de 2014, note le média français Lemonde.fr.

Malgré leurs écarts, ces inactions scientifiques ont en commun la triste réalité que la terre n’en finit pas de surchauffer. C’est aussi le sens que trouve cette alerte de l’Organisation météorologique mondiale alors que les négociations à la COP22 entrent dans la dernière ligne droite à Marrakech. D’ici à 2030, la terre devrait maintenir sa température à 2°C, selon l’accord de Paris. Marrakech a donc l’obligation de trouver cet argent.

De l’extrême température à l’extrême pauvreté

Les températures extrêmes que subit la terre sont en lien direct avec l’extrême pauvreté dans laquelle vivent plusieurs millions de personnes. Le rapport de la banque mondiale publié le 14 novembre estime à  l’impact du changement climatique sur les populations pauvres poussées à l’errance, secouée par les maladies, « à 520 milliards de dollars en pertes de consommation, (plongeant) 26 millions de personnes dans la pauvreté ».Sécheresse

Les exemples pour illustrer ce propos ne se comptent plus : le typhon Haiyan qui passe aux Philippines et enfonce près d’un million de personne dans la pauvreté, amputant à l’économie n passant 12,9 milliards de dollars en 2013. Dans la corne de l’Afrique, l’insécurité alimentaire a touché près de 10 millions d’habitants alors qu’en Somalie, « environ 2,5 millions de personnes » pouvaient survivre grâce à l’aide humanitaire.

Ce qui fait dire le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim que « les chocs climatiques extrêmes risquent d’effacer toutes les avancées obtenues contre la pauvreté depuis des décennies. Si le renforcement de la résilience se justifie d’un point de vue économique, c’est surtout un impératif moral. »

A la COP22, ce rapport a été cité dans plusieurs rencontres, notamment au pavillon américain où les images de détection des tempêtes sont diffusées en boucle sur des écrans géants. « Il est temps d’agir », a lancé Patricia Espinoza, secrétaire exécutive de l’ONU de la Convention cadre pour le changement climatique lors d’une allocution à un forum sur le partenariat Sud-Sud en faveur du développement durable.