Dépendance énergétique du Maroc : Le ''Jatropha Curcas'' une alternative prometteuse.

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Filinfos.info, Cotonou

Morocco, which energy needs mostly depend on imports, is currently going through a energy transition to bridge the gap. The Jatropha plant, which produces biofuel, could be a partner in this transition for local energy needs.

Le Maroc, un pays qui importe 100 % de ses besoins en énergie vit actuellement une transition énergétique dictée par la nécessité de combler le déficit enregistré depuis des années dans ce domaine

 "Le Maroc devra répondre à une consommation énergétique nationale qui atteindra  70 000 GWT en 2025, soit une augmentation de 180% depuis 2008 en réduisant sa dépendance énergétique de 93,61% en 2013 à 85,44% en 2025", a déclaré, Abdekader Amara, le ministre marocain de l’Énergie, à l’aube de la COP22 qui se tient à Marrakech.

La dépendance du Maroc vis-à-vis de l’extérieur  en produits énergétiques pèse sur son budget. Afin d’y remédier tant soit peu, un projet de démonstration visant à promouvoir la culture de la plante énergétique « Jatropha Curcas » a été réalisé dans la Commune territoriale de Had Dra dans la province de Essaouira.

Les professeurs Abdelkader Outzourmit, Ahmed Ouhamou  et le doctorant  Rachid Aït Babahmad de la faculté des Sciences de Semlalia, ont expérimenté  quatre génotypes différents pour voir lequel est le mieux adapté au climat de la région. Au bout de l’expérimentation c’est l’espèce venue du Mali qui est la mieux adaptée.

Le « Jatropha Curcas » est une plante tropicale donc ne supporte pas les régions trop froides. Ce qui justifie le choix de la région de Essaouira pour l’expérimentation car en hiver la température minimale y est de 10 à 11°C. En été les températures vont jusqu’à 34 voire 35°C.

Les graines du « Jatropha Curcas »  possèdent 35 à 40% d’huile. Cette huile peut être utilisée comme biocarburant soit en la mélangeant avec le diesel ordinaire soit pour produire le biodiesel par le procédé chimique de transestérification ou par hydrogénation. Les résidus du procédé d’extraction de l’huile peuvent être utilisés comme fertilisants ou pour la production de biogaz ou encore comme combustible. L’objectif final étant de donner aux populations locales des zones cibles la possibilité de produire de l’énergie durable pour couvrir leurs propres besoins énergétiques. L’huile peut également être utilisée pour un usage externe contre les maladies de peau par exemple.

Le projet a nécessité l’exploitation de 4 hectares à raison d’un génotype  sur chaque hectare. Il a été déterminé deux génotypes communs entre l’Algérie, le Maroc et l’Egypte et les deux autres sont différents. La production est de 200kg par génotype à l’hectare pour le génotype du Mali sans usage de pesticide mais avec un fertilisant notamment le NPK.  Chaque génotype est réparti en 36 parcelles. 6 lignes sur chaque parcelle ce qui fait 36 arbres par parcelle.

Dans son milieu naturel qu’est la région tropicale, il y a peu de variation de température entre les périodes d’hiver et d’été. Mais  sur les terres d’Essaouira,  la plante fleurie deux fois dans l’année. La première période de floraison vient en juin- juillet, la récolte des fruits de la première floraison est alors possible en septembre. La 2ème période de floraison démarre entre octobre et novembre. Au bout de 3 mois quand vient normalement la période de floraison on est en janvier en plein hiver, le froid n’est pas favorable à la maturation des fruits. Cela affecte le rendement final. C’est la plus grande contrainte de cette expérimentation.

Démarré en 2011 le projet a pris fin en juin 2016 et a été réalisé avec un budget de 1.817.496 euros mis à disposition par l’Union Européenne. L’équipe du Professeur Outzourmit espère vivement que des investisseurs nationaux prendront le relais de l’Union Européenne pour pérenniser les acquis du projet.  

Le Maroc devrait s’inspirer de l’expérience béninoise

Au Bénin en zone rurale, moins de 5% de la population a accès à l’électricité, le Geres (Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarité) qui opère depuis 2003, après réalisation d’une étude de faisabilité en 2008, réussit l’expérience dans 7 des 9 communes du département du Zou. Au total, près d’un millier d’agriculteurs participent à ce programme-pilote depuis 2010, pour 560 hectares plantés. Un itinéraire technique a été élaboré, avec des recommandations de cultures vivrières en inter-rang. L’étape finale est de créer et consolider la filière complète : identifier les distributeurs dans chaque localité, garantir une offre d’Huile Végétale Pure permettant une économie à l’usage par rapport au diesel – soit un prix de vente inférieur – et assurer des débouchés commerciaux pour écouler l’huile produite.