Energie verte pour l’Afrique : « ce qui a été promis doit être fait »

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Kyondo Radio Télévision, Marrakech

The stakes for electrification in Africa are high, and the transition towards renewable is at the core of discussions. At least 600 million Africans do not have access to energy, and renewables mean to change this sad state of affairs. 

L’Afrique est capable des énergies renouvelables, « elle sait ce qu’elle veut ». Propos du président de la COP22 Salaheddine Mezouar à la Journée de l’Afrique, le 16 novembre à Marrakech, alors que des doutes planent sur les capacités d’un tel projet. Près de 20 milliards de dollars ont été promis pour cela, le projet peut démarrer !

Le ministre des Affaires étrangères et du développement marocain Salaheddine Mezouar, qui est aussi président de la COP 22, a eu ces mots pour galvaniser l’Afrique, et l’inviter en plus, à soutenir le projet énergétique en préparation en 2016. Il s’agit de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (AIER).

« L’Afrique sait ce qu’elle veut », inutile selon lui de nourrir un scepticisme qui ne fera qu’apeurer les investissements plausibles dans le secteur. « L'Afrique doit s'électrifier, elle doit s'électrifier à moindre coût et aller vers les énergies renouvelables », a-t-il poursuivi en appelant à agir.

Salaheddine Mezouar a aussi plaidé pour l’opération d’un transfert des technologies qui permette à l’Afrique de se mettre au diapason de ceux qui luttent contre le changement climatique, d’assurer des formations nécessaires et de structurer des projets africains.Four de séchage à gaz de poterie

Ce qui a été promis doit être fait pour l'Afrique

D’autres pays africains comme le Libéria, l’Egypte et la Guinée qui ont pris la parole à cette journée de dialogue sous la facilitation du président guinéen Alpha Condé, ont aussi appelé à l’action africaine, en dehors des financements des partenaires étrangers. Un de ces partenaires présents à cette journée Africaine, c’est la France.

La France de la COP 21 et l’Accord de Paris qui veulent réduire de 1.5°C la température de la terre d’ici à 2030, insiste qu’il faut que des solutions sortent de la COP 22 à Marrakechs. « Les choses doivent être faites comme on les a promises qu’elles devraient être faites… Il faut que les économies mondiales tiennent leurs engagements », a insisté la ministre Française Ségolène Royal.

Pour être concrète, la France annonce 6 milliards d’euros, l’Allemagne 2 milliards, sur une période de cinq ans, un apport qui permet enfin au projet énergétique vert africain de démarrer. La Banque africaine de développement, quant à elle, financera le projet à hauteur de 12 milliards de dollars de dollars.

Dans la foulée, Ségolène Royal a annoncé la disponibilité de la Commission de l’Union européenne « à financer des projets sérieux », après le tri des 200 présélectionnés pour l’Afrique.

De l’électricité pour près de 600 millions d’africains

Les enjeux de l’électrification de l’Afrique, et dont le passage aux énergies renouvelables se trouvant au cœur des discussions sont importants. Au moins 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’énergie. En République démocratique du Congo, par exemple, selon la Banque mondiale, 16.4% seulement des congolais y avaient accès en 2012. En 2016, 15%, selon le directeur de la société nationale d’électricité, ce qui fait une baisse. Les entreprises ont tendance à consommer plus d’électricité, en effet.

En octobre 2016, la Banque mondiale indiquait que seulement un Africain sur trois a accès à l’électricité. Elle explique en plus que « les pannes de courant sont en outre fréquentes : à court d’argent et pénalisées par des infrastructures obsolètes qui auraient besoin d’investissements, les compagnies d’électricité ont bien du mal à maintenir un service fiable et constant. » Voilà qui ne devrait pas faire reculer la pauvreté.

Ces défis sont une des motivations de la création de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (AIER), projet panafricain approuvé par les chefs d’Etat placé sous le leadership du guinéen Alpha Condé. Son ambition est de donner un « accès universel pour tous les africains en 2030 » en produisant 300 GW avec en première phase, d’ici à 2020, 10GW pour un début.

L’urgence est constatée. Le projet énergétique (renouvelable) né en 2015, peut ainsi démarrer. Le document l’expliquant, en revanche, n’indique pas combien il devra coûter. On sait au moins qu’en 2030, il devra arriver à maturité.