Le jatropha et la quête de la verdure au Maroc

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Kyondo Radio Television, Marrakech, Maroc

Culture du Jatropha à Ad Dra, Essouira

 

Morocco is planting Jatropha, a tropical plant well adapted to the region of Essaouira, 140km from Marrakech where the EJN field trip took place. Jatropha should cover the area with green vegetation. At the same time, if developed on a large scale, it could constitute an organic energy source: biofuel and other oils. It is a project of the NGO The Center for the Development of Tensift Region (CDRT), supported by the European Union between 2011 and 2015.

 

Vu de l’avion, à l’atterrissage, le paysage de la capitale du Maroc, Casablanca, captive l’attention de plus d’un environnementaliste : inquiétude et espoir se mêlent, en effet. On y voit une ville au gris, à la végétation souffrante. Mais à côté de cette scène de désolation, des espaces verts apparaissent, témoins d’une ville en quête de verdure.

Parlons donc de cette dernière assertion : un pays à la quête de sa verdure. Cette quête peut être vue dans les encablures de Marrakech où se tient la 22e Conférence Cadre des Nations-Unies pour le Climat, la COP22. Un mot vous monte à l’esprit, lorsqu’après avoir vu s’alterner espaces verts et espaces gris, des steppes à peine capables d’offrir aux chèvres et moutons de quoi paître : la volonté. Une question de volonté d’agir contre le changement climatique, contre cette sécheresse qui n’en finit, ouvrant la voie au désert. C’est aussi d’ailleurs pour cela que Marrakech est parfois surnommée la porte du désert, parce qu’il ouvre au sahel.

Le Jatropha pour renaître la végétation d’Essaouira

Difficile végétation d'Essaouira

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis près de cinq ans, « le Maroc consent des subventions à l’agriculture allant parfois jusqu’à 100% des dépenses au bénéfice des agriculteurs », explique Abdelkrim Outzourmit, professeur d’université et membre de l’ONG CDRT. C’est une structure engagée notamment dans le projet d’expérimentation du jatropha, une plante tropicale dont l’origine est située en Amérique centrale, destinée à renforcer la végétation de la région.

L’idée est simple : recouvrir les espaces autour de Marrakech de cet arbre capable de résister dans cette zone rocailleuse et sèche. « La difficulté principale c’est le manque d’eau. Il faut donc des arbres qui n’en n’exigent pas assez », explique Abdelkrim Outzourmit.

Dans la steppe d’Ad Dra, en effet, une commune territoriale située à 30 km de la ville d’Essaouira au nord-ouest de Marrakech, un champ expérimental des jatrophas démarré en 2011 vient de donner son verdict en en 2015, en faveur de l’espèce importée du Mali. Trois autres espèces, dont une importée de l’Egypte au climat proche de celui du Maroc, ont montré des résultats moins performants que la première. « Il fallait une espèce qui s’acclimaterait le mieux à cette région où les hivers vont parfois jusqu’à 10°C et où la chaleur atteint parfois 35°. Le jatropha du Mali a bien répondu », réagit plein de satisfaction, le botaniste et professeur de l’Université des Savoirs et des Apprentissages de Marrakech.

Avec le jatropha, verdure et énergie bioIrrigation pour jatropha

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais l’universitaire Abdelkrim Outzourmit ne compte pas se satisfaire de ce succès éxpérimental. Il faut à présent diffuser le Jatropha à propos duquel la recherche a été soutenue par l’Union européenne. La plante doit être diffusée par des agriculteurs. Le gouvernement est annoncé comme mobilisé en faveur de cette culture aux vertus diverses, consentant des subventions (dont la valeur n’est pas déterminée).

Le botaniste Ahmed Ouhamou se veut optimiste : « Le jatropha a une vocation sociale : il peut servir à limiter des parcelles, les champs. Mais ses graines peuvent produire aussi de l’huile, du biocarburant et être source d’énergie, ou encore entrer dans la fabrication des produits médicaux et, les feuilles quand elles tombent, elles peuvent participer à la formation de l’humus. »

D’après le site web Jatro Maroc, le rendement moyen en huile avec Jatropha (Curcas) avoisinerait « 2.000 à 3.000 litres d’huile par hectare par an », rappelant en plus, que les rendements bien supérieurs « sont possibles en fonction du soin apporté aux cultures » : 1200 litres/ha l’an pour l’huile du Colza, 662 litres/ha par an pour du tournesol alors que le soja produirait 446 litres à l’hectare par an, toujours selon le même site.

Ces dernières années, le jatropha biodiésel, énergie propre ou verte (vidéo), etc. on en a parlé ces dernières années au Maroc. Cela indique l’importance qu’a prise la plante. Il reste que sa diffusion n’est pas encore grande et moins encore le passage à toutes ces prophéties. Est-il que, et c’est le principal, le jatropha constitue un espoir de reverdir des espaces marocains et de changer la vie de millions de personnes. Cela dépend, sans doute, du degré d’investissement que les secteurs public et privé vont consentir pour ce projet qui est déjà entré au Maroc.