Tosi Mpanu Mpanu: "La discussion sur le fonds d'adaptation a été prise en otage"

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Fil Infos, Cotonou

The final stretch of the COP 22 in Marrakech is underway. Negotiations will close to submit proposals on how to use the Paris agreement at the summit this Tuesday. Countries met in Marrakech for a COP aimed at stimulating action, implementation and support, but Least Developed Countries fear that negotiations will lose sight of the need for urgent and concrete actions.

 

La dernière ligne droite de la COP 22 à Marrakech est amorcée. Les négociations vont se clôturer pour soumettre les propositions du mode d’emploi de l’accord de Paris au sommet qui se tient ce mardi. Les pays se sont réunis à Marrakech pour une COP visant à susciter l'action, la mise en œuvre et le soutien, mais les Pays les Moins Avancés craignent que les négociations perdent de vue ce besoin d'actions urgentes et concrètes.


La conférence de presse donnée ce lundi matin par le président de LDC entendez « Least Developed Countries » qui est le groupe des pays les moins avancés représentant 48 pays dont le Bénin, a permis de faire le point des progrès accomplis dans le cadre des négociations de la semaine écoulée. Les perspectives des PMA sur l'avenir dans un contexte politique changeant à un moment crucial des négociations mondiales sur le climat ont été présentées aux médias.


L’accord de Paris c’est 200 pays qui ensemble se sont engagés à monter un escalier avec l’obligation de ne pas redescendre et chacun peut monter à son rythme explique Tosi MPANU MPANU. Des ambitions sont nourries, pour aller vers des modes de consommations, des modes de production plus sobres en carbone et plus résilients aux effets néfastes du changement climatique. L’accord de Paris contient en son sein des solutions importantes pour les pays en développement. Le seul problème aujourd’hui ce sont les règles à définir pour sa mise en œuvre.

En 1997 à Kyoto les pays s’étaient donnés deux ans pour définir les règles, finalement il leur en a fallu 4. De kyoto en 97 c’est à la COP 7 de Marrakech en 2001 que les accords de Marrakech ont porté sur la mise en œuvre du protocole de Kyoto. Paris, s’est déroulé l’année dernière donc il serait illusoire ou naïf de croire que en à peine une seule année les règles pourraient être déjà définies pour l’accord de Paris. Toutefois, à Marrakech les pays auraient pu avancer un peu plus vite en évitant de prendre certaines discussions en otage par d’autres selon Tosi MPANU MPANU : « Par exemple lorsque l’accord de Paris dit que le fond d’adaptation devrait servir l’accord de Pris, c’est une décision qui peut être prise très facilement. Le fond d’adaptation qui dépend du protocole de Kyoto, qui dépend donc d’un autre accord, devrait être mis au service de l’accord de Paris parce que ce fond travaille depuis plusieurs années, a de l’expérience, a des projets dans son pipeline qui manquent de financement il faudrait voir comment on mettre cela sur l’accord de Paris. C’est une décision qui peut se prendre très vite or cette semaine, cette discussion a été prise en otage parce qu’on n’avançait pas assez vite sur d’autres questions qui portent sur la transparence, sur la conformité, sur les communications des NDC donc j’ai l’impression qu’on a quand même manqué certaines opportunités d’avancer plus vite mais l’important c’est qu’on se soit parlé, qu’on se soit mieux compris et Marrakech ».


La COP 22 sera malgré les couacs, historique parce que c’est la première réunion se tenant comme réunion des parties à l’accord de Paris. C’est aussi un fait historique que Marrakech est une COP de l’action et de mise en œuvre puisqu’il y a plusieurs initiatives qui vont être lancées lors du sommet de haut niveau. Le président du groupe des PMA reste convaincu que la COP22 aura permis aux chefs d’Etat de reconnaître la forte dynamique politique qu’il y a eu depuis l’année dernière à Paris, les avancées qu’il y a au sein de ce forum ainsi que dans les autres processus à l’extérieur de ce forum comme le protocole de Montréal, comme les décisions au niveau de l’aviation civile…etc. l’appel de Marrakech s’est fait. Cependant à un appel on peut soit y répondre, soit l’ignorer, ou encore le transférer mais tout le monde devrait se joindre à cet appel de telle sorte que l’année prochaine les négociations se fassent sur la base d’une forte dynamique acquise à Marrakech.